MESSAGE EDITORIAL

 

« L’identité n’est pas donnée une fois pour toutes, elle se construit et se transforme tout au long de l’existence. ». Amine  Maalouf

 

Il me plaît de vous dire l’immense fierté que j’ai eu à découvrir le site. Toutefois, sans racines on ne peut pas construire son identité. On ne peut pas non plus savoir où l’on va, si on ne sait pas d’où l’on vient. Continûment depuis plus d’un siècle, une mosaïque de populations migrantes s’est installée à Mécheria sans doute pour des raisons notamment économiques. Elles ont participés, à leur manière, aux mouvements artistiques, littéraires ou scientifiques, à la construction et à l’expansion de cette ville que j’ai eu à redécouvrir à travers ce magnifique panel égrené et offert par le minutie travail que vous aviez effectué sur la mémoire et l’histoire de Mécheria. J’imagine bien la difficulté à dater les événements qui me semblent-t-ils donneraient un vrai synopsis et une valeur historique au sens documentaire.

 

C’est vrai, la critique est aisée, l’art est difficile… Ne nous offusquons pas pour autant, car je mesure bien le temps au rythme passionné que vous n’aviez pas épargné à faire à ce travail. Cher Mohammed, depuis notre départ de Mécheria en 1984, les restructurations post- industrielles, les mutations socio-économiques profondes, ont vraisemblablement redessinées la ville de Mécheria et a permis de mettre au goût du jour un parfum nostalgique qui sans doute réparateur des lambeaux de mémoires fossilisés par l’éloignement et l’exil. Nous avons inconditionnellement obéit au destin et nous sommes partis mais sans vraiment partir.

 

Aujourd’hui, votre travail me semble pensé comme une succession de lieux sans passé ni racines, a besoin de renouer avec l’histoire pour se construire une identité forte et entrevoir des perspectives  d’avenir. Retracer cette histoire, c’est redonner sens à l’histoire  en mettant tous cet héritage et les habitants au centre de nos préoccupations et permettre à la population de Mécheria d’avoir des repères culturels forts qui s’inscrivent dans le temps et dans l’espace. L’objectif à mon sens étant aussi de permettre à ces derniers de se vivre comme des  acteurs et des citoyens à part entière.

 

Pour contribuer à cette dynamique d’appropriation du site par les habitants de Mécheria et  afin qu’ils contribuent à (re)construire cette mémoire et l’identité de leur ville,  je vous propose  de dynamiser et développer une vie culturelle à partir d’une présence artistique soutenue au cœur de la ville de Mécheria.  L’idée étant que la diversité, des photos   doitt être considérée comme un patrimoine commun dans un esprit de dialogue et d’ouverture.

 

L’un des enjeux majeurs,  est de faire de la culture le ciment de la vie sociale en mettant en lumière la richesse et la diversité des cultures en présence notamment la culture Berbère,  La complexité et la richesse, vous imposent cher Mohammed t à chaque fois d’innover dans les pratiques pour répondre à la diversité de la population. Dans ce contexte, l’intérêt et le sens de ma démarche  est d’apporter un tant soit peu, une réflexion,  un regard, un sentiment ou encore une valeur ajoutée à l’histoire de ma ville natale. Pour ce faire, il s’agit avant tout de recréer des possibilités de rencontres entre nous.

 

Le site, en proposant  des parcours, des histoires de vies individuelles et collectives des habitants dans sa diversité. Une programmation qui mettra en perspective l’enjeu sociétal concernant la construction d’une  mémoire et d’une identité collective partagée dans cette ville en mutation permanente.

 

Cher Mohammed,  Ce site, se veut mobilisateur et met en valeur des expressions singulières et sans doute des actions dynamiques comme l’exposition que vous aviez réalisée et qui questionnent  nos préjugés et parfois nos amnésies. La connaissance de ses origines mais aussi de celles des autres est aujourd’hui au cœur de bien des problématiques d’acceptation et de compréhension de soi et d’autrui. Par votre  démarche, il s’agit également de contribuer à changer le regard et l’image du Mécheria.

 

Merci cher Hamid OUACEL ( Nostalgique d’autan )